La mode hommes printemps-été 2013 ou comment twister un rétro paternaliste avec un zest de rebel attitude

Soyons réalistes, même en ces temps de volonté farouche de parité, la mode est un domaine où l’égalité ne tient pas et pour une fois, à l’avantage des femmes! Même si certains créateurs peuvent faire preuve de faute de goût d’excessive avant-garde, on frise le ridicule de plus loin avec la mode féminine, mais que dire de la silhouette de bonhomme michelin en guimauve de chez Sibling ou celle du lapin Duracel de Comme des Garçons? Excepté paraître dans les pages “do and don’t” des magazines, leur avenir est incertain. Comment tous les ans donner un coup novateur aux habits masculins?

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Une tendance mode homme nostalgique

Que ce soit dans les défilés Hermès, Raf Simons ou Vuitton, un élément interpelle: l’allure des mannequins masculins qui nous renvoie à une vision inconsciente collective. Nous sommes en pleine récession, nous ne sommes plus certains de rien, ni de l’emploi, ni de la définition de la famille ni même de nos futures retraites, alors, pour ce qui est des hommes, revenons à des valeurs sûres et compréhensibles. L’homme de cet été est un mélange de Don Drapper et de Neal Cassady, le blazer impeccable, la gomina savamment posée, mais sur certains faciès, on voit l’esquisse de la moue boudeuse impertinente et si peu conventionnelle des chantres de la “Beat Generation”.
Et les vêtements suivent: Les trencoats qui vous rappelleront Bogart, ont la côte chez Juun.J; Vuitton ressort les canotiers pour une ambiance week end dans les Hamptons,les pulls colorblock et près du corps de Dior nous rappelle le personnage psychotique d’Orange Mécanique.

A la recherche de la virilité perdue?

©Jupiterimages/Photos.com/ThinkstockOn a beaucoup demandé aux hommes, on est d’accord, on ne cesse de le dire: d’être forts et sensibles, d’être coquets, de laisser parler leur côté féminin et de faire preuve de conscience dans la répartition des tâches. La tendance pour la mode homme de cette année pousse la compréhension de ces exigences contradictoires à un nouveau niveau. On le voit dans la plupart des défilés, ce qui prime c’est le chic qui allie l’audace par touches à une sobriété de coupe, à un certain classicisme d’inventivité. Il faut surprendre, mais au second abord; on aura des blazer classiques dans leur coupe, mais surprenant dans la matière et la couleur, on aura des gilets, et des maillots de corps, mais portés d’une manière un peu décalée.

L’homme 2013 a compris qu’il pouvait être à la fois sur la route, garder un grain de folie et mais rester le pilier réconfortant de la famille, en ces temps difficiles.
L’audace et le décalage de cette touche de “greaser” rebelle, est la soupape aux exigences anxiogènes de la société, le refus tranquille et la révolte passive devant la toute autorité d’une société qui nous a trahie.